Complément d’information en français du vidéo SHANIPIAP CONTRE IOC RIO TINTO ET CONTRE LA RÉCONCILIATION

Pour le vidéo SHANIPIAP CONTRE IOC RIO TINTO ET CONTRE LA RÉCONCILIATION : https://youtu.be/eZ-dO4mRMFw

SHANIPIAP CONTRE IOC RIO TINTO ET CONTRE LA RÉCONCILIATION

Jamais la réconciliation sans le respect de nos Droits de Premier Occupant et sans honorer nos terres. Le Canada veut se débarrasser de ses indiens au Canada pour mieux prendre les terres en mettant le mot réconciliation dans la bouche de tous les dirigeants autochtones. On veut nous diriger vers l’autonomie gouvernementale qui détruira ce que nous sommes « ÊTRE » le mieux, indien du Canada avec la loi sur les indiens. La loi sur les indiens nous protège contre le Canada et contre les Conseils de bande vu maintenant les circonstances. Le Canada dit toujours les pensionnats indiens, mais non, la vérité c’est des pensionnats chrétiens pour les indiens. Ce n’est pas les indiens qui ont inventé les pensionnats, c’est la chrétienté avec l’accord des gouvernements. IOC RIO TINTO le voleur moderne du 21e siècle exploite nos terres et cela avec le soutien des chefs des Conseils de Bande sans l’accord du peuple innu. Les conseils de bande sont les nouveaux agents des gouvernements et participent sur le génocide des premiers peuples au Canada. « Tant qu’il restera des terres à protéger, nous serons sans cesse pourchassés. » disait mon grand-père. Shanipiap

Entrevue-webinaire avec Dalie Giroux sur son livre L’oeil du maître (1ère partie de la publication)

Les trois premières questions de l’animateur et les réponses de Dalie Giroux telles que diffusées à En Profondeur sur CKUT, ckut.ca/90.3fm, lundi 5 avril entre 17h et 18h

Dalie Giroux y répond notamment à Norman Ajari

Dans la première partie publiée ici de l’entrevue-webinaire avec Dalie Giroux sur son livre L’oeil du maître, Dalie revient sur le chapitre-titre du livre, elle discute de l’influence prépondérante que la pensée de gens des Premiers Peuples d’ici a eue sur son développement intellectuel et celui de ce livre, notamment de Georges E. Sioui, Pierrot Ross-Tremblay et Noami Fontaine, et elle répond à la critique que lui adresse Norman Ajari dans l’article intitulé Amir Attaran a raison ! Racisme structurel et mythologie blanche au Québec

Cet enregistrement est habité par la référence à un livre phare intitulé Une écologie décoloniale/Penser l’écologie depuis le monde caribéen de Malcom Ferdinand

Je vous recommande aussi fortement cette entrevue avec Malcom Ferdinand sur son livre :

https://soundcloud.com/afrotopiques/malcom-ferdinand-penser-une-ecologie-decoloniale-une-ecologie-du-monde

L’œil du maître. Figures de l’imaginaire colonial québécois

http://memoiredencrier.com/loeil-du-maitre-figures-de-limaginaire-colonial-quebecois/

Dalie Giroux

Avec photos d’archives familiales de l’auteure

L’œil du maître interroge le mythe du maître chez nous qui définit les luttes souverainistes au Québec, la relation au territoire et aux Premières Nations. Contre la conquête, la domination, la surveil-lance, Dalie Giroux revendique une autre idée de l’indépendance, à rebours de la violence fondatrice de l’État. Elle évoque le rendez-vous manqué avec un passé-futur décolonial du Québec et la possibilité d’une chaîne de solidarités qui mobiliseraient les forces vives de la pensée autochtone, des luttes antiracistes, écologiques et féministes afin d’habiter ensemble le territoire. Autrement. Ici. Maintenant.

Extrait

La tâche décoloniale locale serait de rassembler les moyens symboliques et matériels pour déserter la domus de Champlain, sortir de la maison du maître, cesser de dire que nous sommes « hydro-québécois » , détraquer la machine de capture impériale.

Née à Lévis, Dalie Giroux, essayiste, renouvelle la tradition pamphlétaire québécoise. Elle enseigne les théories politiques et féministes à l’Université d’Ottawa. Elle a publié chez Mémoire d’encrier Parler en Amérique. Oralité, colonialisme, territoire en 2019.

Entrevue avec Pierrot Ross-Tremblay : souveraineté autochtone, résistance et la production de l’oubli culturel au Québec et au Canada

Extrait publié dans le journal Coup de chaleur (2020) de la Convergence des luttes anticapitalistes

https://www.clac-montreal.net/fr/node/734

Ceci est un extrait d’une entrevue originalement plus longue avec l’auteur et résistant Pierrot Ross-Tremblay, Essipiunnu (Innu Essipit). Il a publié récemment le livre «Thou Shalt Forget : Indigenous Sovereignty, Resistance and the Production of Cultural Oblivion»1. Cette entrevue a été réalisée avec l’aide de «Ni Québec, ni Canada: projet anticolonial»2.

Cet article est la réponse de l’auteur à la question suivante : Comment entrevoyez-vous les pistes d’actions qui permettent à la fois d’articuler collectivement pour les Premiers Peuples la revalidation de vos souverainetés ancestrales, de bâtir un mouvement commun qui nous unisse, et de protéger les territoires ?

D’abord, il est fondamental que les récits de nos résistances soient connus, que nos traditions intellectuelles porteuses de nos conceptions soient largement rétablies comme points de référence valable pour penser le présent, garder vivace la vision et l’esprit révolutionnaire d’une manière d’être au monde et d’interagir avec le vivant. Les personnes maîtrisant nos langues, nos savoirs, en particulier les Aînées, et surtout les grands-mères, doivent reprendre une place centrale dans les espaces décisionnels. On ne peut plus se priver de leurs savoirs, conscience, souci éthique, vision intergénérationnelle et intelligence politique, de leur sens de la santé et de la justice. Les bureaucrates, les experts en communication, les comptables, les avocats surtout, se sont largement substitués à l’indispensable parole des Aînés; cette accaparation du pouvoir a eu des conséquences éthiques profondes dont nous saisissons mieux l’ampleur aujourd’hui. Cela a eu un impact en particulier sur notre conscience de nos relations avec le vivant, et des sources réelles de nos lois et souverainetés ancestrales. La marginalisation de nos modes décisionnels ancestraux par des «représentants» fondant leur autorité sur des structures coloniales a aussi engendré une certaine cécité des nôtres quant à l’impératif d’une résistance permanente à l’occupation. Ces usurpations sont alimentées par des pulsions d’accumulation matérielle à tout prix, fantasmes d’être aimé et reconnu par la société et les institutions coloniales, par peur d’être identifié comme trop critiques ou radicaux, etc.

Ensuite, il faut continuer à ouvrir des espaces et cercles comme nous l’avons fait ces dernières années, à l’extérieur des instances du pouvoir colonial, notamment à l’extérieur de la structure exogène3 du conseil de bande. Ces lieux où les gens se rencontrent, réfléchissent ensemble aux besoins communs et transforment ces savoirs communément produits en actions concrètes. Actions qui donnent un corps à nos visions communes, qui dirigent et propulsent consensuellement notre grand canot. Qui peut le faire à notre place ? La recherche génère ces instances de libération où tous peuvent également parler et libérer leur récit et esprit, et où une intelligence collective est générée, ou un nouveau récit se matérialise, et surtout où on trouve des solutions concrètes à nos défis communs. Seules des solidarités denses et effectives vont matérialiser nos visions communes. Il est particulièrement critique que les gens ayant été victimes d’abus de toutes sortes, dont les abus de pouvoir, puissent se raconter. Ils savent mieux que quiconque dire si une autorité est légitime ou pas. Il est vital d’accéder à l’intelligence des femmes sur le sujet. On a un ménage à faire dans notre maison, surtout chez les hommes, et il y a beaucoup de choses à sortir et à guérir : Pour retrouver un vrai sens de la justice et une puissance intérieure optimale, pour retrouver l’esprit de famille et la force irrépréhensible d’un mouvement indigéniste et collectif, il faut se décoloniser de l’intérieur et psychologiquement.

En ce qui concerne la communalité de nos initiatives, les forces révolutionnaires autochtones, allochtones et aussi internationales doivent inévitablement confluer et s’unir en vue d’en arriver à une transformation effective, pour une libération réelle des griffes coloniales mortifères, et pour une transition autant épistémologique que politique et écologique. L’idée de domination de la nature et des humains par les humains n’est plus tenable. La défense d’Assi (Terre), nos obligations envers les générations futures et la dignité humaine sont des engagements transversaux qui résonnent profondément en nous tous. Vous comprendrez qu’étant des microgroupes contraints de vivre dans des conditions souvent exécrables, il ne faut pas nous mettre la responsabilité de transformer toute la société coloniale et d’apporter des remèdes à tous les maux de votre société. Ce serait injuste et écrasant. Mais ce que les Premiers Peuples peuvent apporter, je pense, c’est une vision ancienne, profonde et viable, une direction pour un véritable plan de transition avec le moins de heurts possible. Il est temps de recycler ce qui peut l’être, de réorienter le navire en vue de concrétiser des visions trop longtemps gardées sous silence et enfin permettre la naissance de nouveaux designs, non conçus pour dominer et anéantir, mais pour nourrir et rendre plus forts, plus dignes. Nos approches sont ancrées dans des cosmogonies4 et des sciences d’une richesse insoupçonnée ainsi que foisonnante de philosophies et d’éthiques, faisant l’apologie de l’humilité, du respect, de la frugalité, de l’impératif de l’entraide, de la valeur du consentement et du consensus. Des remèdes aux postures non-viables nous ayant été imposées depuis plus de 4 siècles. Puissions-nous accéder à ces perspectives moins matérialistes et nourrir un monde post-anthropocentrique, post-misogyne, à l’esprit trans-générationnel et cosmopolitique.

Notre espèce est devant un choix vital. Les gens qui nous entourent demeurent ceux avec qui nous ferons concrètement la nouvelle révolution; un changement inédit de posture face à la Terre et à nous-mêmes comme humains. Pour optimiser la confluence, il faut adresser deux critiques fondamentales que les penseurs autochtones ont tendance à faire aux mouvements révolutionnaires : leur «urbanité» et leur nihilisme ou vision réduite de la vie. Or, la complémentarité dans nos approches et la responsabilité relationnelle sont clés. Nous sommes devant des choix inévitables en tant qu’êtres humains. Mais pour de plus en plus d’entre nous, et surtout chez la génération montante, le choix est déjà fait. Et il n’y a plus beaucoup d’options pour permettre aux générations qui viennent d’exister.

1 Pierrot Ross-Tremblay, Thou Shalt Forget : Indigenous Sovereignty, Resistance and the Production of Cultural Oblivion, University of London Press (2019).

2 Une entrevue plus longue sera accessible sous peu au site web à l’adresse suivante : niquebecnicanada.anarkhia.org

3 Exogène est l’opposé d’endogène; une structure exogène est imposée par un pouvoir extérieur.

4 Une cosmogonie est une théorie expliquant l’origine de la vie et de l’univers.

Liens vers les chansons qui ont été jouées dans cette émission

Maman d’Émile Proulx-Cloutier avec Natasha Kanapé

Pashikutau de Mike Paul Kuekuatsheu

Innu par Annick Hervieux et Petapan

Standing Rock: Conflit local, problématique mondiale ! Conférence de Jean-Michel Wizenne (publié le 13 octobre 2016)

Conférence de Jean-Michel Wizenne (wizenne.com)

(Conférence telle que filmée et minimalement montée)

Descriptif de la conférence/Speaking event description

Conférence
Standing Rock : Conflit local, problématique mondiale!

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