Entrevue-webinaire L’oeil du maître et son au-delà : dialogue avec Dalie Giroux

J’entrerai en dialogue avec Dalie Giroux à partir de son livre L’oeil du maître puis j’ouvrirai l’espace pour les différentes interventions des participant.e.s. Cette entrevue sera radiodiffusée à l’émission En Profondeur sur CKUT 90.3fm/ckut.ca le lundi 5 avril entre 17h et 18h

http://memoiredencrier.com/loeil-du-maitre-figures-de…/

L’œil du maître. Figures de l’imaginaire colonial québécois

Dalie Giroux
Avec photos d’archives familiales de l’auteure
L’œil du maître interroge le mythe du maître chez nous qui définit les luttes souverainistes au Québec, la relation au territoire et aux Premières Nations. Contre la conquête, la domination, la surveil-lance, Dalie Giroux revendique une autre idée de l’indépendance, à rebours de la violence fondatrice de l’État. Elle évoque le rendez-vous manqué avec un passé-futur décolonial du Québec et la possibilité d’une chaîne de solidarités qui mobiliseraient les forces vives de la pensée autochtone, des luttes antiracistes, écologiques et féministes afin d’habiter ensemble le territoire. Autrement. Ici. Maintenant.
Extrait
La tâche décoloniale locale serait de rassembler les moyens symboliques et matériels pour déserter la domus de Champlain, sortir de la maison du maître, cesser de dire que nous sommes « hydro-québécois » , détraquer la machine de capture impériale. Née à Lévis, Dalie Giroux, essayiste, renouvelle la tradition pamphlétaire québécoise. Elle enseigne les théories politiques et féministes à l’Université d’Ottawa. Elle a publié chez Mémoire d’encrier Parler en Amérique. Oralité, colonialisme, territoire en 2019.

Émissions En Profondeur des lundis 22 mars et 29 mars : Conférence-discussion au bénéfice du Collectif Mashk Assi et de CKUT

https://www.facebook.com/events/720488158649976

Le Collectif Mashk Assi et l’émission En Profondeur sur CKUT s’unissent pour vous présenter cette soirée conférence-discussion sur les enjeux décoloniaux, antiracistes et environnementaux.

Collectif Mashk Assi

https://www.facebook.com/collectifmashkassi

Le collectif Mashk Assi a été crée par des chasseurs-cueilleurs Ilnuatsh et Peskotomuhkati (passamaquody)

pour soutenir les luttes au front des premiers peuples et Appliqué les souveraineté ancestrale du peuples Ilnuatsh et autres Autochtones. Plusieurs groupes autochtones se joignent au mouvement dont le regroupement des chasseurs-cueilleurs Ilnuatsh. Depuis des temps immémoriaux nous occupons turtle island et maintenons un lien sacré avec la terre et l’univers une relation d’équilibre de respect et de partage. Notre rôle est de protéger la terre, l’eau, la vie, les plantes etc. Pour les générations futures.

Le peuple premier Innuat est présent sur le grand Tshitassinu depuis des temps immémoriaux, jamais le Nitassinan n’a été cédé. Notre rôle en tant que Innuat est de protéger cette terre ancestrale pour les générations futures. Les Innuat se sont toujours organisé autodéterminé sur le Nitassinan, ce principe ancestral se nomme (ilnu utapelitamun) et ce avant des structures étatiques gouvernementales coloniales (conseil de bande) etc. Nous sommes un peuple distinct de par note culture et langue, nous détenons toujours notre souveraineté ancestrale, l’Innu tipenitamun. Tous les grands projets économiques signés par les gouvernes étatiques sont illégaux nous ne les reconnaissons pas. Les conseils de bande représentent l’entité fédérale ils ont pour rôle l’assimilation. Ils n’ont aucune juridiction sur les territoires ancestraux occupés depuis des millénaires par les familles ilnuatsh.

CKUT

http://ckut.ca

CKUT est une station de radio universitaire sans but lucratif située sur le campus de l’université McGill. CKUT diffuse de la musique alternative, des nouvelles, du spoken word à l’ensemble de la communauté montréalaise et ses environs, 24 heures par jour et 365 jours par année. Écoutez-nous sur 90.3 MHz sur la bande FM, au 91.7 par câble, ou encore trouvez-nous en ligne. CKUT est le produit de 200 bénévoles travaillant main dans la main avec les coordinateurs, afin de produire une programmation créative et pertinente, mais aussi de gérer la station. La station fonctionne sur un système de gestion collective qui inclut les bénévoles dans les prises de décisions.

Pour donner au Collectif Mashk Assi

https://www.gofundme.com/f/fonds-de-dfense-territoriale-Mashk-Assi

Pour donner à CKUT

http://ckut.ca/donate

En rappel : Webinaire sur la terrible histoire de John A. Tombé (dit Macdonald)

avec

Benjamin Pillet

Benjamin Pillet, politologue néo-paspéya et chercheur spécialisé en études sur le colonialisme de peuplement

Michaël Paul

Née à Mashteuiatsh, Michaël (Kuekuatsheu) est un nutshimiulnu (ilnu du territoire) chasseurs cueilleurs traditionnel des bassins versant du piekuakami du Nitassinan territoire traditionnel ilnu non cédé. Il s’active depuis plusieurs années sur la ligne de front pour la défense du territoire. Il a été le porte parole de l’alliance pekuakamiulnuatsh un comité ilnu contre le barrage sur la rivière Ouiatchouan, et aussi porte parole du regroupement des familles traditionnelles chasseurs cueilleurs ilnuatsh.Maintenant membre du collectif des premiers peuples défenseurs de la terre et des souverainetés ancestrales. Il a milité dès le début contre le projet GNL il a organisé une manifestation en 2017 contre GNL avec des ilnuatsh de sa communauté et des alliés. Il est également un auteur compositeur interprète son nom d’artiste est Mike Paul Kuekuatsheu. son dernier album Origine a été nominé au indigenous music Awards et aussi au folk canadian music Awards. Ses chansons parle d’agir pour protéger le sacré (la terrre) également des souverainetés ancestrale décoloniale.Il a participé a l’écriture d’un texte du manifeste des premiers peuples avec plusieurs autres alliés autochtone qui ont donné leurs vision de la souveraineté ancestrale avec le collectif ishpitelimatau tshikauinu assi pour la revue liberté.Le projet de gazoduc et l’usine de liquéfaction menacent directement le Nitassinan non cédé, le gazoduc passera sur de nombreux terroire de chasse ilnu et perturbera de nombreuses espèces animale et végétale, en plus du transport de lourd methanier de gaz liquifier dans la pitshitauitshetsh le fjord, ce gaz de fracturation nest pas le bienvenu sur Nitassinan.La population de Mashteuiatsh à organisé une marche également contre le gazoduc en 2020 lors des mouvements de solidarité avec les wetsuwetens. Une entente préliminaire entre le conseil de bande coloniale de mashteuiatsh et GNL a été négocier, le conseil de bande a crée un organisme Mamo aki avec les conseils de bande attikamekw et alguonquiens pour négocier avec gazoduc. Même une société par action a été crée Québec inc. Avec 3 conseil de bande comme actionnaire, dans le descriptif de l’entreprise on note le rôle qui est de négocier du capitale pour le gazoduc et des ententes de dédommagement des activités traditionnelles monétaire.

Louisa Worrell

Louisa Worrell est un membre du mouvement internationale qui lutte pour la souveraineté irlandaise. Elle travaille principalement dans le groupe 32csm (Mouvement pour la souveraineté des 32 comtés de l’Irlande). Elle milite dans des mouvements anticolonialistes depuis a peu près 13 ans, et souhaite intégrer la perspective anti-impérialiste et anti coloniale aux divers luttes de classes qui se font sur le soi-disant Canada.Eric Pouliot-Thisdale

Eric Pouliot-Thisdale

Eric Pouliot-Thisdale est présentement recherchiste pour divers Conseils de Bandes au Québec et pour divers organismes autochtones et allochtones au Canada en matière historique, sociologique ainsi que pour certains enjeux légaux. Précédemment Technicien de Recherche à L’Université de Montréal (UDM), il est gradué en science sociale à l’Université du Québec à Montréal, (UQAM) où il complète sa dernière année pour l’obtention de la Majeure en Histoire. Il est recherchiste depuis 20 ans dans le domaine des archives publiques historiques, démographiques et patrimoniales de diverses sources, incluant les recensements, les archives militaires, les registres paroissiaux, les correspondances ministérielles pour ne nommer que ces derniers.

1ère partie :

2e partie :

In memory of Wade Crawford, a friend and inspiration, who died this week

(from 2010)

Wade Crawford (aka the Duckman), an indigenous warrior from 6 Nations, talking about his participation to the so-called “Oka Crisis” and to other native struggles. He’s also talking about how much he was proud of her daughter Jade (who died recently) and the new generations who was and are continuing the fight.

with Freedom by Rage Against the Machine (as choose by Wade)

Entrevue avec Pierrot Ross-Tremblay : souveraineté autochtone, résistance et la production de l’oubli culturel au Québec et au Canada

Extrait publié dans le journal Coup de chaleur (2020) de la Convergence des luttes anticapitalistes

https://www.clac-montreal.net/fr/node/734

Ceci est un extrait d’une entrevue originalement plus longue avec l’auteur et résistant Pierrot Ross-Tremblay, Essipiunnu (Innu Essipit). Il a publié récemment le livre «Thou Shalt Forget : Indigenous Sovereignty, Resistance and the Production of Cultural Oblivion»1. Cette entrevue a été réalisée avec l’aide de «Ni Québec, ni Canada: projet anticolonial»2.

Cet article est la réponse de l’auteur à la question suivante : Comment entrevoyez-vous les pistes d’actions qui permettent à la fois d’articuler collectivement pour les Premiers Peuples la revalidation de vos souverainetés ancestrales, de bâtir un mouvement commun qui nous unisse, et de protéger les territoires ?

D’abord, il est fondamental que les récits de nos résistances soient connus, que nos traditions intellectuelles porteuses de nos conceptions soient largement rétablies comme points de référence valable pour penser le présent, garder vivace la vision et l’esprit révolutionnaire d’une manière d’être au monde et d’interagir avec le vivant. Les personnes maîtrisant nos langues, nos savoirs, en particulier les Aînées, et surtout les grands-mères, doivent reprendre une place centrale dans les espaces décisionnels. On ne peut plus se priver de leurs savoirs, conscience, souci éthique, vision intergénérationnelle et intelligence politique, de leur sens de la santé et de la justice. Les bureaucrates, les experts en communication, les comptables, les avocats surtout, se sont largement substitués à l’indispensable parole des Aînés; cette accaparation du pouvoir a eu des conséquences éthiques profondes dont nous saisissons mieux l’ampleur aujourd’hui. Cela a eu un impact en particulier sur notre conscience de nos relations avec le vivant, et des sources réelles de nos lois et souverainetés ancestrales. La marginalisation de nos modes décisionnels ancestraux par des «représentants» fondant leur autorité sur des structures coloniales a aussi engendré une certaine cécité des nôtres quant à l’impératif d’une résistance permanente à l’occupation. Ces usurpations sont alimentées par des pulsions d’accumulation matérielle à tout prix, fantasmes d’être aimé et reconnu par la société et les institutions coloniales, par peur d’être identifié comme trop critiques ou radicaux, etc.

Ensuite, il faut continuer à ouvrir des espaces et cercles comme nous l’avons fait ces dernières années, à l’extérieur des instances du pouvoir colonial, notamment à l’extérieur de la structure exogène3 du conseil de bande. Ces lieux où les gens se rencontrent, réfléchissent ensemble aux besoins communs et transforment ces savoirs communément produits en actions concrètes. Actions qui donnent un corps à nos visions communes, qui dirigent et propulsent consensuellement notre grand canot. Qui peut le faire à notre place ? La recherche génère ces instances de libération où tous peuvent également parler et libérer leur récit et esprit, et où une intelligence collective est générée, ou un nouveau récit se matérialise, et surtout où on trouve des solutions concrètes à nos défis communs. Seules des solidarités denses et effectives vont matérialiser nos visions communes. Il est particulièrement critique que les gens ayant été victimes d’abus de toutes sortes, dont les abus de pouvoir, puissent se raconter. Ils savent mieux que quiconque dire si une autorité est légitime ou pas. Il est vital d’accéder à l’intelligence des femmes sur le sujet. On a un ménage à faire dans notre maison, surtout chez les hommes, et il y a beaucoup de choses à sortir et à guérir : Pour retrouver un vrai sens de la justice et une puissance intérieure optimale, pour retrouver l’esprit de famille et la force irrépréhensible d’un mouvement indigéniste et collectif, il faut se décoloniser de l’intérieur et psychologiquement.

En ce qui concerne la communalité de nos initiatives, les forces révolutionnaires autochtones, allochtones et aussi internationales doivent inévitablement confluer et s’unir en vue d’en arriver à une transformation effective, pour une libération réelle des griffes coloniales mortifères, et pour une transition autant épistémologique que politique et écologique. L’idée de domination de la nature et des humains par les humains n’est plus tenable. La défense d’Assi (Terre), nos obligations envers les générations futures et la dignité humaine sont des engagements transversaux qui résonnent profondément en nous tous. Vous comprendrez qu’étant des microgroupes contraints de vivre dans des conditions souvent exécrables, il ne faut pas nous mettre la responsabilité de transformer toute la société coloniale et d’apporter des remèdes à tous les maux de votre société. Ce serait injuste et écrasant. Mais ce que les Premiers Peuples peuvent apporter, je pense, c’est une vision ancienne, profonde et viable, une direction pour un véritable plan de transition avec le moins de heurts possible. Il est temps de recycler ce qui peut l’être, de réorienter le navire en vue de concrétiser des visions trop longtemps gardées sous silence et enfin permettre la naissance de nouveaux designs, non conçus pour dominer et anéantir, mais pour nourrir et rendre plus forts, plus dignes. Nos approches sont ancrées dans des cosmogonies4 et des sciences d’une richesse insoupçonnée ainsi que foisonnante de philosophies et d’éthiques, faisant l’apologie de l’humilité, du respect, de la frugalité, de l’impératif de l’entraide, de la valeur du consentement et du consensus. Des remèdes aux postures non-viables nous ayant été imposées depuis plus de 4 siècles. Puissions-nous accéder à ces perspectives moins matérialistes et nourrir un monde post-anthropocentrique, post-misogyne, à l’esprit trans-générationnel et cosmopolitique.

Notre espèce est devant un choix vital. Les gens qui nous entourent demeurent ceux avec qui nous ferons concrètement la nouvelle révolution; un changement inédit de posture face à la Terre et à nous-mêmes comme humains. Pour optimiser la confluence, il faut adresser deux critiques fondamentales que les penseurs autochtones ont tendance à faire aux mouvements révolutionnaires : leur «urbanité» et leur nihilisme ou vision réduite de la vie. Or, la complémentarité dans nos approches et la responsabilité relationnelle sont clés. Nous sommes devant des choix inévitables en tant qu’êtres humains. Mais pour de plus en plus d’entre nous, et surtout chez la génération montante, le choix est déjà fait. Et il n’y a plus beaucoup d’options pour permettre aux générations qui viennent d’exister.

1 Pierrot Ross-Tremblay, Thou Shalt Forget : Indigenous Sovereignty, Resistance and the Production of Cultural Oblivion, University of London Press (2019).

2 Une entrevue plus longue sera accessible sous peu au site web à l’adresse suivante : niquebecnicanada.anarkhia.org

3 Exogène est l’opposé d’endogène; une structure exogène est imposée par un pouvoir extérieur.

4 Une cosmogonie est une théorie expliquant l’origine de la vie et de l’univers.

Liens vers les chansons qui ont été jouées dans cette émission

Maman d’Émile Proulx-Cloutier avec Natasha Kanapé

Pashikutau de Mike Paul Kuekuatsheu

Innu par Annick Hervieux et Petapan