Entrevue-webinaire L’oeil du maître et son au-delà : dialogue avec Dalie Giroux

J’entrerai en dialogue avec Dalie Giroux à partir de son livre L’oeil du maître puis j’ouvrirai l’espace pour les différentes interventions des participant.e.s. Cette entrevue sera radiodiffusée à l’émission En Profondeur sur CKUT 90.3fm/ckut.ca le lundi 5 avril entre 17h et 18h

http://memoiredencrier.com/loeil-du-maitre-figures-de…/

L’œil du maître. Figures de l’imaginaire colonial québécois

Dalie Giroux
Avec photos d’archives familiales de l’auteure
L’œil du maître interroge le mythe du maître chez nous qui définit les luttes souverainistes au Québec, la relation au territoire et aux Premières Nations. Contre la conquête, la domination, la surveil-lance, Dalie Giroux revendique une autre idée de l’indépendance, à rebours de la violence fondatrice de l’État. Elle évoque le rendez-vous manqué avec un passé-futur décolonial du Québec et la possibilité d’une chaîne de solidarités qui mobiliseraient les forces vives de la pensée autochtone, des luttes antiracistes, écologiques et féministes afin d’habiter ensemble le territoire. Autrement. Ici. Maintenant.
Extrait
La tâche décoloniale locale serait de rassembler les moyens symboliques et matériels pour déserter la domus de Champlain, sortir de la maison du maître, cesser de dire que nous sommes « hydro-québécois » , détraquer la machine de capture impériale. Née à Lévis, Dalie Giroux, essayiste, renouvelle la tradition pamphlétaire québécoise. Elle enseigne les théories politiques et féministes à l’Université d’Ottawa. Elle a publié chez Mémoire d’encrier Parler en Amérique. Oralité, colonialisme, territoire en 2019.

Colonialisme de peuplement, capitalisme racial : Que la gauche le dise

texte écrit par Patricia Alexander

This text in English here. Translation by the Author.

Mot de Ni Québec, ni Canada : projet anticolonial :

Ni Québec, ni Canada : projet anticolonial publie ici une importante contribution à la critique anticoloniale interne de la gauche écrite par Patricia Alexander, membre de Québec solidaire. Bien que ce projet ne partage pas l’ensemble du point de vue défendu dans ce texte et n’appuie aucun parti politique, il semble important d’appuyer les démarches de réflexion qui visent à faire reconnaître la continuité du colonialisme de peuplement et du capitalisme racial dans leur actualité et de partir de leur nécessaire contestation critique et révolutionnaire dans le développement des perspectives politiques qui se veulent en rupture avec l’ordre dominant. Ainsi, ce projet salue le travail de notre camarade solidaire Patricia Alexander et nous invite à lire, à réfléchir, à discuter et débattre les positions courageuses qu’elle défend dans son texte.

Il est ainsi toujours possible d’ouvrir ce site à d’autres collaborations anticoloniales, si vous voulez participer d’une manière ou d’une autre au projet anticolonial Ni Québec, ni Canada vous pouvez écrire à niquebecnicanada(@)riseup.net ou pour envoyer de possibles contributions à niquebecnicanada(@)gmail.com

Mot de l’auteure :

Cet article traite des fondements du « Colonialisme de peuplement » au Québec jusqu’à présent. C’est un effort pour contribuer au débat dans la gauche québécoise et dans Québec Solidaire.

Il nous demande, en tant que Québécois.e.s d’origine coloniale, de reconnaître que le nôtre est un État, une économie et une société coloniale, qui prospère grâce à la dépossession du patrimoine des peuples autochtones – de leurs terres, ressources, communautés et droits. Il soulève des questions sur nos engagements envers les peuples autochtones et les personnes racialisées, les immigrant.e.s volontaires et involontaires, les réfugié.e.s et toutes les personnes marginalisées qui vivent le capitalisme racial qui existe sur ces bases.

Je remercie NQNC pour l’espace qui m’est offert pour partager ces réflexions avec un public plus large. J’avais soumis cet article pour publication à la revue Presse-toi-à-gauche (PTAG), journal en ligne qui se déclare : «Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche ». Le comité de rédaction se décrit comme des gens : « réunis par l’intérêt que nous portons au journalisme alternatif ainsi que par l’importance que nous accordons à l’existence d’une organisation comme Québec solidaire, formidable occasion pour la gauche en marche de grandir et de se faire entendre plus largement ». PTAG n’a pas répondu à ma soumission et n’a envoyé aucun accusé de réception. Un membre du comité de rédaction m’a déclaré qu’il ne souhaitait pas publier cet article, car ce dernier remet en question la base d’unité du groupe Révolution écosocialiste, groupe qui maintient lui-même une section dans PTAG.1

Je suis membre de Québec solidaire et je ne fais partie d’aucun autre groupement politique. Néanmoins, je partage la vocation du site NQNC (Ni Québec, ni Canada), « d’être en lutte et en solidarité active avec les mouvements autochtones dans le sens de leur libération et de leur décolonisation ».

Patricia Alexander

1 L’article Base d’unité de Révolution écosocialiste est publié dans les numéros de PTAG à partir du 17 novembre 2020 et des numéros suivants https://www.pressegauche.org/Revolution-ecosocialiste-Base-d-unite

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Nous, blancs, occupons ces terres et trop souvent prétendons qu’elles sont nôtres, bien des ”nous” sont à défaire.

Nous, blancs, occupons ces terres et trop souvent prétendons qu’elles sont nôtres, bien des ”nous” sont à défaire.

Que nous nous interpellions comme canadiens ou québécois, c’est toujours comme colons que nous le faisons sans explicitement questionner notre positionnement. Le Québec et le Canada sont des entités coloniales à défaire.

Quand nous nous interpellons comme citoyens, c’est toujours aussi nous parler comme citoyens de l’État sans détruire à la base ce qui fait cette citoyenneté qui joue une place centrale dans les rouages qui perpétuent notre position de colons.

Nous n’avons de cesse de faire comme si nous étions chez nous. Mais ce ”chez nous” n’existe que parce que nous colonisons.

Nous n’avons de cesse de ne pas questionner la dynamique qui fait de nous des occupants.

Les films Québékoisie et l’Empreinte nous montrent comme des descendants de cultures autochtones et par le fait même occultent la place que nous occupons dans l’exploitation et la destruction continues des peuples autochtones et de leurs territoires.

Oublier la dynamique coloniale, c’est toujours reproduire le génocide qui est un mouvement de destruction et d’assimilation des peuples autochtones.

Le reconnaître est un très modeste début. Prendre actes contre le colonialisme n’en peut être que la suite effective.

Même la culture de l’anticapitalisme reproduit l’effacement en attribuant au prolétariat trop souvent blanc la place de l’opprimé.

Le prolétariat pourtant est celui qui fait rouler le développement capitaliste, il en est la force de travail. Sûr, il est opprimé dans cette dynamique. Mais si ces luttes, comme c’est le cas la plupart du temps, ne portent que sur l’amélioration ou la non-détérioration de ces conditions d’existence et ne remet pas en question son existence dans la dynamique du capitalisme, il se fait rouage de l’exploitation coloniale continue.

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Le révisionnisme historique québécois en tant que génocide continué par d’autres moyens

 

Au lieu de dire que nous vivons bel et bien sur des terres volées, occupées… autant en tant que Canada qu’en tant que Québec, que notre existence ici repose sur le pillage et l’exploitation, que nous avons participé en français comme en anglais à imposer la civilisation occidentale comme d’autres l’ont fait aussi dans d’autres langues, à une époque où heureusement notre civilisation fait face au renouveau grandissant de la résistance de peuples autochtones, nous créons des récits révisionnistes à travers la propagande cinématographique et médiatique qui tentent de nettoyer nos consciences, d’amenuiser notre différence dominante, oppressive et privilégiée, à tuer la mauvaise conscience de notre passé et présent génocidaire, à effacer la marginalisation que nous avons fait subir aux peuples autochtones, au fait que depuis notre arrivée en tant que civilisation occidentale selon les chiffres qui nous sont accessibles autour de 90% à 95% des populations autochtones ont été anéanties.

 

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